| lundi 08 décembre 2008, a 19:43 |
| Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. |
Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement
voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant
que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court
après les projets ;ne
pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa
nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue
tourne à vide.
L'homme
qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un
carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands
mots, ce
qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour
lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il
a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme
et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le
trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque
surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux
pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.
Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit " (1852).
|
|