| vendredi 10 août 2007, a 15:31 |
| Le Japon, l'île des enfants perdus |
Souvent d'un confort feutré avec leurs spacieuses bibliothèques de mangas et de DVD, leurs box au fauteuil moelleux séparés par de minces cloisons à mi-hauteur et leurs distributeurs de boissons, sandwichs ou bols de nouilles instantanées, les cafés Internet qui fonctionnent 24 heures sur 24 sont les nouveaux repaires des jeunes Japonais.
La plupart viennent pour surfer sur le Web, d'autres pour tuer le temps, regarder la télévision ou se reposer dans la pénombre d'un lieu confortable, loin du brouhaha des rues des quartiers animés. Certains en ont fait leur tanière. Ce sont les "réfugiés du Net" : des jeunes de 20 à 30 ans qui naviguent d'un petit boulot à l'autre et ne gagnent pas assez pour se payer un logement ou une chambre d'hôtel. Dans les cafés Internet, ils peuvent passer six heures pour 1 500 yens (9 euros) ou moins dans les quartiers périphériques. La plupart des grands établissements disposent d'une centaine de box.
Minuit passé. Devant la machine à boissons chaudes, il attend que son gobelet se remplisse. La trentaine, jeans et tee-shirt bleu, les cheveux en broussaille. "Cool" comme des milliers de ses congénères croisés auparavant dans les rues du quartier branché de Shibuya à Tokyo. "Vous, vous cherchez un nouveau pauvre ?, dit-il, avec un sourire amer. Bingo ! Vous l'avez. Trente ans, une vingtaine de boulots sans lendemain. Depuis trois mois, je vis ici avec un petit sac et des sous-vêtements jetables. Je suis un "one call worker" : enregistré auprès d'une agence de placement qui m'appelle sur mon portable quand il y a un boulot. Dans les 1 000 yens de l'heure. Je dépense 1 500 yens pour ma nuit. Je mange dans des McDo. Humiliant, non ? Le gouvernement parle de "seconde chance" pour les perdants comme moi, poursuit le jeune homme. Mais y en a marre : on ne quémande pas une chance, un coup de bol. On veut une vie décente, c'est tout. Mon nom ? Je suis personne dans cette société." Dans le gobelet, le café refroidit. Il le prend, puis, sur un "Salut !", part vers son box.
Les cafés Internet offrent un condensé de la société japonaise contemporaine : prospère, lisse et efficace en surface, mais parcourue d'ondes souterraines dénotant malaise et dysfonctionnements. Dans les cafés Internet les plus modernes, ceux des quartiers animés, l'accueil est digne d'un hôtel. Atmosphère feutrée et services multiples. Fondus parmi les clients - car rien dans leur apparence ne les distingue vraiment - se nichent les jeunes paumés.
Après une décennie de récession, la machine productive nippone est repartie, mais elle laisse sur le carreau nombre de jeunes. Ce sont des "freeters" (mot composé de l'anglais free et de l'allemand arbeiter, désignant ici ceux qui font des petits boulots, c'est-à-dire des jeunes en situation précaire). Ayant grandi dans le Japon de la "bulle financière" de la fin des années 1980, ils sont arrivés sur le marché du travail à la fin de la "période glaciaire" de la récession, quand les entreprises soucieuses de réduire les coûts ont sabré dans l'emploi permanent pour privilégier le travail temporaire. Ils forment ce que le quotidien Asahi a baptisé la "génération perdue".
Le gouvernement estime à 1,8 million le nombre des freeters, filles et garçons. Si, au début de la décennie, on a pu voir en eux l'expression des valeurs individualistes d'une génération plus orientée vers des satisfactions personnelles que ses parents dévoués à l' entreprise, beaucoup ont découvert que leur situation est moins synonyme de liberté que de précarité.
Aux largués de la reprise, freeters et jeunes désargentés arrivés de la campagne qui n'ont pas de quoi payer un loyer et encore moins les trois mois d'avance pour obtenir un logement s'ajoutent ceux que des sociologues anglais ont baptisés "neet" (Not in Education, Employment or Training). Ils ne sont pas étudiants ni en formation : ils dérivent. D'entrée de jeu, ils ont baissé les bras. Pour la plupart, ce sont des adolescents introvertis qui refusaient d'aller à l'école (phénomène préoccupant dans l'Archipel depuis une décennie). Adultes, ils restent refermés sur eux-mêmes. Ils seraient 800 000.
Les neet sont un symptôme du malaise d'une société devenue férocement compétitive, qui condamne leur inadaptation, la mettant au compte de la fainéantise. Un message qu'ils reçoivent comme une négation de leur droit à l'existence. Les neet forment une bonne partie des jeunes qui se suicident. Comme eux, beaucoup de freeters ont le sentiment d'être pris dans une nasse.
Les quelque deux mille cafés Internet que compte le Japon sont moins chers qu'un sauna ouvert toute la nuit ou que les "hôtels capsules", aux couchettes superposées comme dans un wagon-lit. Et les boissons sont gratuites. La nuit, les plus grands sont pleins.
Outre la faune des habitués (10 % selon les employés), qui viennent pour quelques semaines, voire quelques mois, on y côtoie des salariés qui ont raté le dernier train. Ils ronflent les pieds sur la tablette de l'ordinateur dans les fauteuils inclinables des petits box de 2 m2, où l'on se déchausse avant d'entrer. Çà et là, dans les compartiments à deux, des couples profitent de la pénombre complice pour se caresser discrètement. Certains sont des lycéens qui ont raconté à leurs parents qu'ils dormaient chez un copain ou une copine. Devant d'autres box sont posées des chaussures à talons hauts : des filles de la nuit (hôtesses de bar et autres) qui attendent les premiers métros. Au petit matin, tout ce petit monde s'ébroue vers les douches de l'établissement. Certains ont même une salle de sport.
Les réfugiés du Net sont l'une des facettes de la nouvelle pauvreté nippone, fille d'une inégalité croissance entre ceux qui ont un travail fixe et les autres. Une disparité qui passe désormais par un clivage entre générations.
Philippe Pons
Article paru dans l'édition du 10.08.07. www.lemonde.fr
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| vendredi 27 juillet 2007, a 15:31 |
| 1 million d'utilisateurs pour joost |
Joost comme vous pouvez le noter foncionne toujours encore avec le régime des invitations,vient de dépassé le million d’utilisateurs, et il vient d'ètre annoncé son lancement officiel pour fin 2007. et ceci selon les dires de Niklas Zennström, co-fondateur de Joost.
N'oublions qu'il s'agit d'une aventure encore totalement finacé par la publicité reste et semble toujours une tres bonne innovation dans le monde du net.
Le lancement, prévu pour fin 2007, devrait donc relativement bien se passer, puisque la base utilisateur est de plus en plus grande. Cependant, aucune date officielle et précise n’a encore été donnée.
Si vous aussi vous voulez devenir betatesteur envoyez un mail et je vous enverrai une invitation.
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| mardi 24 juillet 2007, a 20:35 |
| Joost sélectionne Level 3 pour prendre en charge la télévision Internet à la demande |
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Level 3 va fournir des services de colocation et de réseau haute vitesse en Europe et en Amérique du Nord
Le groupe des marchés européens de Level 3 Communications a annoncé aujourd'hui qu'il a été sélectionné par Joost(TM) pour prendre en charge son service de télévision Internet de qualité diffusion. En vertu de l'accord, Level 3 va fournir à Joost des solutions de réseau, y compris un accès Internet grande vitesse et des services de colocation en Amérique du Nord et en Europe.
Level 3 continue d'investir dans son réseau, et, avec l'un des plus grands réseaux fédérateurs IP au monde, la société fournit une largeur de bande fiable, haute capacité, répondant à la demande croissante en matière de trafic des clients possédant des applications à média enrichi. Level 3 assure une connectivité Internet dans plus de 175 marchés, en plus d'une suite extensive de services de réseau qui constituent les blocs fonctionnels des offres de services diverses de ses clients. Level 3 possède l'échelle, la performance et le portefeuille de services nécessaires pour prendre en charge les solutions de livraison de contenu au fur et à mesure que les besoins en réseau de ses clients évoluent.
À propos de Level 3 Communications
Level 3 Communications, Inc (Nasdaq: LVLT), est une société internationale de communications qui exploite l'un des plus grands réseaux fédérateurs Internet au monde. Par le biais de ses clients, Level 3 est le premier fournisseur de connectivité Internet pour des millions d'abonnés à large bande. La société offre une large gamme de services sur son réseau à fibres optiques large bande, y compris des services Protocole Internet (IP), des services de transport et d'infrastructure large bande, des services de colocation, et des services vocaux et des services voix sur IP. Ces services fournissent l'assise qui permet de répondre à la demande croissante en solutions de télécommunications de pointe des clients de Level 3. Le site Web de la société est accessible à l'adresse 1>
SOURCES http://www.mobifrance.com/articles/prnews/parsing.php?f=62885.xml
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